{"id":391,"date":"2006-06-01T22:30:03","date_gmt":"2006-06-01T20:30:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.world-citizenship.org\/blog\/index.php\/wp-archive\/391"},"modified":"2025-02-26T13:06:42","modified_gmt":"2025-02-26T12:06:42","slug":"largent-des-migrants-exploitation-ou-pouvoir-potentiel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/?p=391","title":{"rendered":"L\u2019argent des migrants : exploitation ou pouvoir potentiel ?"},"content":{"rendered":"<p>Trouv\u00e9 sur <a href=\"http:\/\/risal.collectifs.net\/\">RISAL<\/a> &#8211; R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p>Source : <a href=\"http:\/\/www.ecoportal.net\/\">Ecoportal.net<\/a>, d\u00e9cembre 2005.<\/p>\n<p><em>Par Gustavo Castro S.<\/em> &#8211; Les ouragans, les temp\u00eates et les catastrophes naturelles qui s\u2019abattent sur le monde ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la pauvret\u00e9 non seulement dans les pays du Sud mais aussi dans ceux du Nord eux-m\u00eames. La Chine, l\u2019Inde, le Salvador, le Mexique, le Guatemala, les Etats-Unis, parmi beaucoup d\u2019autres, subissent des \u00ab ph\u00e9nom\u00e8nes naturels \u00bb jamais vus. Mais ces catastrophes naturelles sont aussi le r\u00e9sultat de catastrophes politiques et \u00e9conomiques. Plus de trente ann\u00e9es d\u2019un mod\u00e8le de production et de consommation n\u00e9olib\u00e9rales qui nous a conduit \u00e0 une consommation excessive de papier, d\u2019eau, d\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique, de produits chimiques, etc., qui a provoqu\u00e9 la d\u00e9forestation que l\u2019on sait, l\u2019interruption et l\u2019alt\u00e9ration du cycle de l\u2019eau. Le protocole de Kyoto est arriv\u00e9 trop tard et la disparition de la couche d\u2019ozone et le changement climatique provoquent d\u00e9j\u00e0 de grands ravages qui acc\u00e9l\u00e8rent la l\u2019\u00e9migration de pays pauvres vers les plus riches.<\/p>\n<p>Le plus ironique est que les migrants, fruit de l\u2019expulsion que g\u00e9n\u00e8re le mod\u00e8le \u00e9conomique de production et d\u2019exploitation capitaliste, se concentrent dans les pays responsables de la politique qui les a oblig\u00e9s \u00e0 quitter leurs propres foyers pour \u00eatre doublement exploit\u00e9s. Ils perdent maisons, terres, famille, culture et, comme si cela ne suffisait pas, une grande partie de leurs maigres revenus, en les envoyant \u00e0 leurs familles dans leur pays d\u2019origine.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il semble que produire des migrants est un grand commerce lucratif, qui g\u00e9n\u00e8re \u00e0 la fois une plus grande richesse et une plus grande concentration de ces richesses. Pourtant, ces millions de migrants et leurs milliards de dollars ne pourraient-ils pas repr\u00e9senter une force politique et \u00e9conomique si elle \u00e9tait organis\u00e9e ?<\/p>\n<p>Au niveau international, la migration n\u2019a fait que cro\u00eetre de mani\u00e8re acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. En 1965, elle concernait 75 millions de personnes, chiffre qui a doubl\u00e9 apr\u00e8s 30 ann\u00e9es de politiques n\u00e9olib\u00e9rales, pour arriver \u00e0 150 millions en 2001. Il est pr\u00e9vu qu\u2019elles seront 168 millions en 2010 ; 188 en 2020 ; 208 en 2030 et 248 millions en 2050. La quantit\u00e9 d\u2019argent envoy\u00e9e par les migrants est pass\u00e9e de 97 milliards de dollars en 1994 \u00e0 143 milliards en 2002, les politiques n\u00e9olib\u00e9rales, l\u2019application de trait\u00e9s de libre-\u00e9change et les privatisations ayant entra\u00een\u00e9 une vague gigantesque d\u2019expulsions et de migrations vers le Nord. On estime que pour 2006, la quantit\u00e9 d\u2019argent envoy\u00e9 pourrait atteindre plus de 177 milliards de dollars. C\u2019est pour cela que les migrants sont un grand commerce.<\/p>\n<p>On estime qu\u2019en 2005, les familles qui vivent et travaillent dans les pays du Nord ont envoy\u00e9 environ 170 milliards de dollars vers le \u00ab Sud global \u00bb (aussi bien les pauvres qui vivent dans les pays du Nord que ceux du sud g\u00e9ographique). La majorit\u00e9 d\u2019entre eux ont utilis\u00e9 les services d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de transfert d\u2019argent ou de quelque institution financi\u00e8re bas\u00e9e aux Etats-Unis, qui leur a pr\u00e9lev\u00e9 de 25 \u00e0 30 milliards de dollars pour les transactions, dont le co\u00fbt varie de 13% \u00e0 20% des sommes envoy\u00e9es. Rien qu\u2019aux Etats-Unis, on calcule qu\u2019en 2005 les immigr\u00e9s ont envoy\u00e9 pr\u00e8s de 100 milliards de dollars \u00e0 leur famille dans le Sud. Ils ont perdu entre 10 et 20 millliards de dollars via les commissions des banques et autres compagnies, et les taux de change on\u00e9reux. Cet argent restera principalement dans l\u2019une des cinq plus grandes institutions financi\u00e8res qui proposent le service d\u2019envoi d\u2019argent : Western Union, MoneyGram, Citibank, Bank of America et Wells Fargo. M\u00eame s\u2019il faudrait analyser plus en d\u00e9tail chacune d\u2019entre elles, observons le panorama que nous propose dans son analyse l\u2019organisation Transnational Institute for Grassroots Research &#038; Action (TIGRA) [1] :<\/p>\n<p>First Data Corporation (FDC), dont le si\u00e8ge est \u00e0 Greenwood Village, dans l\u2019\u00e9tat du Colorado, est propri\u00e9taire de Vigo, Western Union et Orlandi Valuta (ces deux derni\u00e8res repr\u00e9sentant 42% des b\u00e9n\u00e9fices). L\u2019institution compte plus de 270.000 \u00e9tablissements dans 195 pays et est le plus important pourvoyeur du monde dans le service de transfert d\u2019argent sans proc\u00e9dures bancaires. En 2004, elle a gagn\u00e9 plus de 10,7 milliards de dollars gr\u00e2ce \u00e0 plus de 700 millions de transactions. Avec MoneyGram, elle contr\u00f4le de 60 \u00e0 70% du march\u00e9 des envois d\u2019argent par les migrants. Sa strat\u00e9gie l\u2019am\u00e8ne \u00e0 s\u2019\u00e9tendre en Chine, en Inde et aux Philippines, pays dans lequel ses op\u00e9rations ont augment\u00e9 de 100% en 2004. L\u2019institution a aussi des accords avec 7-Eleven, Rite-Aid, Kroger, Wall-Mart en Argentine, la Poste en France, le Groupe Electra et Banco Azteca de TV Azteca (Mexique). De 1995 \u00e0 2000, Western Union a gagn\u00e9 461 millions de dollars sur les taux de change appliqu\u00e9s \u00e0 18 millions de clients dans 114 pays. La Fondation Western Union donne 0,0037% de ses b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 plusieurs organisations situ\u00e9es pour la majorit\u00e9 dans le Colorado, o\u00f9 se trouve son si\u00e8ge et non dans les communaut\u00e9s desquelles elle tire ses revenus. Goldman Sachs et Fidelity Management &#038; Research Corp sont les principaux investisseurs de FDC, et ont apport\u00e9 le p\u00e9trole soudanais sur le march\u00e9 mondial, ce qui a aid\u00e9 ce pays \u00e0 financer la guerre civile g\u00e9nocidaire contre son peuple.<\/p>\n<p>MoneyGram International. Son si\u00e8ge est \u00e0 Minneapolis, dans le Minnesota, et elle fournit des services de transfert dans 74 000 \u00e9tablissements dans 160 pays, avec des b\u00e9n\u00e9fices qui ont d\u00e9pass\u00e9 les 400 millions de dollars en 2004, enregistrant une augmentation de 35% des transferts d\u2019argent des migrants. La compagnie a r\u00e9cemment \u00e9tendu ses services \u00e0 la Chine. Avec Western Union, elle contr\u00f4le 60 \u00e0 70% du march\u00e9 des envois d\u2019argent des migrants. En 2002, elle a \u00e9t\u00e9 poursuivie par des clients devant la justice pour avoir utilis\u00e9 des taux de change bas pendant les transactions. Elle n\u2019a pas de fondation sociale. La Compagnie administrative Shapiro Capital est propri\u00e9taire de 5% du capital et Banana Chiquita de 9% (une compagnie banani\u00e8re qui a aussi soutenu les dictatures militaires en Am\u00e9rique latine).<\/p>\n<p>Banco Wells Fargo. Elle est entr\u00e9e sur le march\u00e9 des envois d\u2019argent des migrants en 1997, et compte 250.000 comptes bancaires enregistr\u00e9s aux Etats-Unis. Elle g\u00e8re 3 076 \u00e9tablissements bancaires dans 23 \u00e9tats des Etats-Unis. Elle compte 16,4 millions de clients et 420 milliards de dollars d\u2019actifs. Le syst\u00e8me \u00ab L\u2019argent \u00e0 l\u2019instant \u00bb permet le transfert d\u2019argent en liquide sans compte bancaire. Elle finance Burlington Resoucers, et la compagnie de raffinage de p\u00e9trole Houston qui a des int\u00e9r\u00eats sur des territoires indig\u00e8nes dans l\u2019Amazonie \u00e9quatorienne.<\/p>\n<p>Bank of America. La troisi\u00e8me plus grande banque des Etats-Unis. Elle op\u00e8re dans 29 \u00e9tats, avec 5 829 succursales et des bureaux dans 35 pays. En 2003, ses b\u00e9n\u00e9fices se sont \u00e9lev\u00e9s \u00e0 37,8 milliards de dollars, presque 10% de plus qu\u2019en 2002. Elle a acquis 25% des actions du groupe financier Santander Serfin, la troisi\u00e8me banque du Mexique. Elle dispose du service \u00ab Argent s\u00fbr \u00bb pour l\u2019envoi d\u2019argent au Mexique. Actuellement, elle a des int\u00e9r\u00eats dans le p\u00e9trole v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien. C\u2019est le plus gros investisseur d\u2019InterGen, une entreprise internationale de production d\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique avec des projets aux Philippines, en Colombie, au Mexique, en Egypte, au Br\u00e9sil et en Turquie.<\/p>\n<p>Citigroup. C\u2019est la premi\u00e8re compagnie de services financiers qui a mis sous un m\u00eame toit services bancaires, assurances et investissements. Elle compte 200 millions de clients dans plus de 100 pays. En 2003, ses b\u00e9n\u00e9fices se sont \u00e9lev\u00e9s \u00e0 17,8 milliards de dollars et ses services de transaction globale ont augment\u00e9 de 31% en 2003. Une de ses plus grandes strat\u00e9gies est le march\u00e9 hispano. Elle s\u2019est empar\u00e9e de Banacci y Banamex, la plus grande banque du Mexique et administre fonds de retraite et pensions. C\u2019est le plus grand bailleur de fonds des Mexicains. C\u2019est le distributeur qui g\u00e8re les cartes de cr\u00e9dit des gens \u00e0 faibles revenus aux Etats-Unis, syst\u00e8me qui \u00f4te plus de 20% des revenus d\u2019une famille latino en faveur d\u2019un service personnel d\u2019endettement. Un des plus grands actionnaires est l\u2019entreprise Climx Arimco Mining (CAMCA), dont les int\u00e9r\u00eats s\u2019opposent \u00e0 ceux des communaut\u00e9s indig\u00e8nes du nord des Philippines au sujet de gisements d\u2019or et de cuivre. En ao\u00fbt 2001, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a offert au Br\u00e9sil un pr\u00eat de 30 milliards de dollars pour financer le paiement de sa dette en \u00e9change de programmes d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de privatisations. CityGroup a apport\u00e9 9,7 milliards de dollars de la somme.<\/p>\n<p>A l\u2019exception de la Bank of America et de Citigroup, aucun des groupes expos\u00e9s ci-dessus n\u2019a sign\u00e9 jusqu\u2019ici les \u00ab Equator Principles \u00bb qui pr\u00e9tendent d\u00e9finir des standards sociaux et environnementaux, que doit suivre toute entreprise qui leur sollicite un pr\u00eat de plus de 50 milliards de dollars pour investir dans les pays du Sud. Ces principes sont bas\u00e9s sur les politiques et les lignes de la Corporation financi\u00e8re internationale (IFC en anglais) de la Banque mondiale qui finance ces entreprises priv\u00e9es [2].<\/p>\n<p>Dans le cas de l\u2019\u00e9migration vers les Etats-Unis, il y a quelques faits importants. Selon le Transnational Institute for Grassroots Research &#038; Action (TIGRA), dans la d\u00e9cennie 1901-1910 l\u2019\u00e9migration concernaient 8,8 millions de personnes, chiffre qui a diminu\u00e9 progressivement jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode de la Grande d\u00e9pression et la Seconde guerre mondiale. Dans la d\u00e9cennie 1931-1940, l\u2019\u00e9migration se chiffrait \u00e0 0,5 millions de personnes. Le sch\u00e9ma de migration \u00e0 la fin de la guerre et tandis que l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine se r\u00e9tablissait aux d\u00e9pens de pays du Sud fut une augmentation lente, jusqu\u2019\u00e0 atteindre 9,1 millions de personnes entre 1991 et 2000. Dans la d\u00e9cennie pass\u00e9e, les migrants ont repr\u00e9sent\u00e9 42% de l\u2019augmentation totale de la population am\u00e9ricaine. Un tiers de tous les migrants aux Etats-Unis sont arriv\u00e9s \u00e0 cette m\u00eame p\u00e9riode, pendant laquelle les programmes d\u2019ajustement structurel furent les plus s\u00e9v\u00e8res et tandis que se mettait en place le Trait\u00e9 de libre-\u00e9change entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique (ALENA [3]).<\/p>\n<p>Ce fut aussi la d\u00e9cennie des grandes privatisations et donc de l\u2019augmentation du ch\u00f4mage ; de l\u2019\u00e9limination des ressources de la campagne et des prix garantis ; de l\u2019\u00e9limination des quotas d\u2019importation et des tarifs douaniers ; de la faillite des entreprises incapables de concurrencer les produits largement subventionn\u00e9s par le gouvernement nord-am\u00e9ricain via les entreprises transnationales. En 2000, il y avait d\u00e9j\u00e0 aux Etats-Unis 30 millions d\u2019immigr\u00e9s, le plus haut chiffre jamais enregistr\u00e9. Le taux de croissance actuel des immigrants est 6,5 fois plus rapide que celui de la population \u00e9tats-unienne.<br \/>\nC\u2019est alors que les Etats-Unis commencent \u00e0 renforcer leur muraille sur la fronti\u00e8re pour stopper la pauvret\u00e9 qu\u2019eux-m\u00eames ont provoqu\u00e9e avec leur politique \u00e9conomique et d\u2019imposition, \u00e0 travers le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s des renseignements de la Banque mondiale, la moyenne des revenus par personne, au niveau mondial, \u00e9tait en 1976 de 150 dollars pour le plus bas, 6.200 dollars pour le plus haut. Apr\u00e8s 30 ans de politiques n\u00e9olib\u00e9rales, la moyenne la plus basse a seulement doubl\u00e9, atteignant 420 dollars, tandis que la moyenne la plus haute a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par 5, jusqu\u2019\u00e0 atteindre 27.510 dollars par personne. De son c\u00f4t\u00e9, la dette du Sud s\u2019\u00e9levait \u00e0 100 milliards de dollars en 1970, et a atteint 2 700 milliards de dollars. Il s\u2019agit simplement d\u2019indicateurs qui expliquent la croissance de la migration pendant que s\u2019appliquait le mod\u00e8le \u00e9conomique n\u00e9olib\u00e9ral.<\/p>\n<p>Ainsi, pendant ces 30 ann\u00e9es de n\u00e9olib\u00e9ralisme, les dix pays \u00ab expulseurs \u00bb d\u2019\u00e9migrants vers les Etats-Unis sont, par ordre d\u2019importance : le Mexique (7,119 millions qui repr\u00e9sentent 27,1% de la population migrante), la Chine\/ Ta\u00efwan\/ Hong Kong (1,387 millions, soit 5,3%) ; les Philippines (1,207 millions, soit 4,6%) ; le Vietnam (989 000 soit 3,8%) ; le Salvador (723 000 soit 2,8%) ; l\u2019Inde (722 000 soit 2,7%) ; la Cor\u00e9e (589 000 soit 2,2%) : la R\u00e9publique dominicaine (635 000 soit 2,4%) ; Cuba (914 000 soit 3,5%) et le Guatemala (469 000 soit 1,8%)<\/p>\n<p>Dans le cas des Philippines, chaque jour 2 275 personnes abandonnent leur pays pour travailler \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans divers emplois mal pay\u00e9s. En 2003, le gouvernement a ratifi\u00e9 les lois de Double citoyennet\u00e9 et du Vote \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il faut dire que 10% des votants se trouvent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, et envoient 8 milliards de dollars par an. Dans le cas du Mexique, plus de 1 100 personnes migrent vers les Etats-Unis chaque jour, et les sommes envoy\u00e9es par les Mexicains en 2004 \u00e9quivalaient \u00e0 70,5% des ventes de p\u00e9trole et \u00e0 2,4% du Produit int\u00e9rieur brut (PIB) [4].<\/p>\n<p>Selon le TIGRA, en 2001, les dix pays qui ont envoy\u00e9 le plus d\u2019argent vers le Sud (via leurs immigr\u00e9s) sont : les Etats-Unis (28,4 milliards de dollars) ; l\u2019Arabie saoudite (15,1 milliards de dollars) ; l\u2019Allemagne (8,2 milliards) ; la Belgique et la Suisse (8,1 milliards chacun) ; la France (3,9 milliards), le Luxembourg (3,1 milliards), Isra\u00ebl (3 milliards), l\u2019Italie (2,6 milliards) et le Japon (2,3 milliards). De leur c\u00f4t\u00e9, cette m\u00eame ann\u00e9e, les dix pays qui ont re\u00e7u le plus d\u2019argent de leurs \u00e9migr\u00e9s sont : le Mexique (13,2 milliards de dollars en 2003), les Philippines (6,4 milliards), l\u2019Egypte (2,9 milliards), la Turquie (2,8 milliards), le Bangladesh (2,1 milliards) ; la Jordanie (2 milliards) ; la R\u00e9publique dominicaine (2 milliards) ; le Salvador (1,9 milliards) et la Colombie (1,8 milliards). Cependant, le constat est diff\u00e9rent du point de vue de la d\u00e9pendance envers l\u2019argent envoy\u00e9 par les \u00e9migr\u00e9s, par rapport au PIB : Ha\u00efti (24,2%) ; la Jordanie (22,8%) ; le Nicaragua (16,2%) ; le Salvador (14%) ; la Jama\u00efque (13,6%) ; la R\u00e9publique dominicaine (9,3%) ; les Philippines (8,9%) ; le Honduras (8,5%), l\u2019Equateur (7,9%) ; le Guatemala (3,1%) et le Mexique (2,1%). Toutefois, dans 36 des 153 pays en voie de d\u00e9veloppement, les sommes d\u2019argent envoy\u00e9es par les \u00e9migrants sont plus importantes que l\u2019ensemble des flux de capital public et priv\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le but d\u2019affaiblir la r\u00e9volution cubaine, les Etats-Unis ne font pas payer de commissions aux Cubains qui vivent sur leur territoire et qui envoient de l\u2019argent \u00e0 leur famille rest\u00e9e sur l\u2019\u00eele. Ils n\u2019en font pas payer non plus aux Salvadoriens, puisqu\u2019ils ont r\u00e9ussi \u00e0 faire appliquer par ce pays leurs politiques \u00e9conomiques sans aucun probl\u00e8me. En \u00e9change, le gouvernement du Salvador peut recevoir des devises pour le paiement de sa dette ext\u00e9rieure et autres besoins financiers. Avec les autres pays, les institutions financi\u00e8res extraient de grandes sommes de l\u2019argent envoy\u00e9 par les migrants, gr\u00e2ce \u00e0 trois types de taxe sur les envois : 1) taxe sur le service d\u2019envoi ou de transaction, 2) commission sur le taux de change, 3) taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les fonds avant la transaction (1,5% en moyenne). De plus, plus de la moiti\u00e9 des immigr\u00e9s aux Etats-Unis n\u2019ont pas de compte bancaire et sont oblig\u00e9s d\u2019utiliser le \u00ab fringe banking \u00bb (encaissement en marge des banques) qui leur co\u00fbtent encore 5 \u00e0 10% de leur salaire. Beaucoup de ces points de vente sont financ\u00e9s par de grandes banques nord-am\u00e9ricaines. Finalement, les immigr\u00e9s perdent de 16 \u00e0 28% de l\u2019argent qu\u2019ils envoient \u00e0 leur famille au Sud, argent qui reste dans les institutions financi\u00e8res. Par exemple, selon le Fonds multilat\u00e9ral d\u2019investissement de la Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement (BID), en 2002, les immigr\u00e9s mexicains ont \u00e9t\u00e9 tax\u00e9s de 5,8% pour la transaction et 3,3% sur le change ; pour le Nicaragua 8,8% et 0,5% ; Guatemala 7,6% et 1,8% ; Ha\u00efti 10,2% et 0,5% ; R\u00e9publique dominicaine 9,1% et 2,1% ; Jama\u00efque 9,6% et 2,1% ; Colombie 9,4% et 3,2%.<\/p>\n<p>Les tendances<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s le TIGRA, le mouvement des capitaux sera de plus en plus difficile avec l\u2019application des crit\u00e8res financiers du Patriot Act. Cela ne le sera pas seulement pour les immigr\u00e9s, mais aussi pour les fondations et agences de coop\u00e9ration internationale qui s\u2019alignent sur ces crit\u00e8res &#8211; comme la Fondation Solidago, Oxfam Am\u00e9rique, Fondation Ford, etc. -. De ce fait, en ce qui concerne l\u2019argent envoy\u00e9 par les immigr\u00e9s, le talent des institutions financi\u00e8res pour aspirer leurs revenus les am\u00e8nera \u00e0 chercher d\u2019autres moyens de transferts l\u00e9gaux. Le G7 avait d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 en avril 2004 que \u00ab concernant l\u2019argent des immigr\u00e9s, nous continuerons \u00e0 travailler dans nos projets pour int\u00e9grer les services d\u2019envoi d\u2019argent dans le secteur financier normal \u00bb.<\/p>\n<p>Une autre option est l\u2019expansion. Western Union cherche donc de nouveaux march\u00e9s comme la Chine ou l\u2019Inde tout en essayant d\u2019\u00e9liminer la concurrence, car aux Etats-Unis, le nombre de banques et de compagnies de cr\u00e9dit qui proposent l\u2019envoi d\u2019argent parmi leurs services ne fait qu\u2019augmenter. Une troisi\u00e8me option serait que les banques r\u00e9alisent de nouvelles alliances avec des entreprises r\u00e9gionales ou locales. Quelques exemples : Wells Fargo avec la Banque nationale philippine ; Western Union acquiert Varvas et Paymap ; ou la relation de Western Union avec Elektra et Banco Azteco au Mexique. La derni\u00e8re option serait l\u2019acquisition de banques dans le Sud comme celle qu\u2019a r\u00e9alis\u00e9 CitiGroup en achetant Banamex, la plus grande banque du Mexique, et en acqu\u00e9rant une grande part des actions de Santander Serfin, la troisi\u00e8me banque du pays. De son c\u00f4t\u00e9, la r\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale des Etats-Unis permet d\u00e9j\u00e0 l\u2019acc\u00e8s au syst\u00e8me de Automate Claringhouse (ACH) pour transf\u00e9rer l\u2019argent \u00e0 des banques \u00e9trang\u00e8res pour un co\u00fbt de 0,67 dollars la transaction.<\/p>\n<p>La tendance globale est \u00e0 l\u2019augmentation de l\u2019\u00e9migration ; \u00e0 l\u2019emploi saisonnier et non qualifi\u00e9 ; \u00e0 l\u2019envoi de sommes d\u2019argent de plus en plus importantes ; \u00e0 la l\u00e9galisation du trafic de sans-papiers ; \u00e0 la double citoyennet\u00e9, au vote et \u00e0 la repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ; \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des organisations d\u2019immigr\u00e9s ; \u00e0 l\u2019exportation du travail humain comme politique \u00e9conomique ; aux accords avec les banques am\u00e9ricaines sur l\u2019argent des migrants ou l\u2019acquisition des banques du pays d\u2019origine.<\/p>\n<p>Les pauvres se sont transform\u00e9s en une grande source de revenus pour le grand capital, que ce soit comme ouvriers ou paysans exploit\u00e9s ; que ce soit parce que les ressources strat\u00e9giques se trouvent sur leurs terres ; que ce soit en leur extorquant des taxes ou en retenant leur argent sous pr\u00e9texte de financer leurs fonds de pension, de retraite ou de ch\u00f4mage ; ou bien comme \u00e9migrants. Et comme le Mexique est un des pays les plus \u00ab expulseurs \u00bb d\u2019\u00e9migrants vers les Etats-Unis, l\u2019 \u00ab \u00e9lectorat global \u00bb s\u2019est converti en un \u00ab secteur \u00bb important des politiques des pays d\u2019origine. De ce fait, non seulement leur argent mais aussi leur vote pourraient devenir une force significative, si celle-ci \u00e9tait organis\u00e9e. Le gouvernement mexicain a approuv\u00e9 en 2005 le vote depuis l\u2019\u00e9tranger des \u00e9migr\u00e9s aux Etats-Unis, justement quand, en 2006, des d\u00e9cisions importantes pour l\u2019\u00e9conomie du pays pourraient \u00eatre prises [5].<\/p>\n<p>Le pouvoir \u00e9conomique de l\u2019argent envoy\u00e9 par les \u00e9migr\u00e9s est tel qu\u2019il peut concurrencer le budget de nombre d\u2019\u00e9conomies nationales dans le monde, y compris de grandes transnationales. Pour se donner une id\u00e9e, dans le secteur agroalimentaire, dans la branche de la biotechnologie et du g\u00e9nome, dix entreprises majeures au niveau mondial contr\u00f4lent 54% des 42 milliards de dollars de revenus des divers secteurs de la biotechnologie, \u00e9quivalents \u00e0 42% du montant calcul\u00e9 de l\u2019argent envoy\u00e9 par les migrants en 2005. Rien que ce que les banques leur enl\u00e8veront en commissions est \u00e9gal au revenu des 10 transnationales qui contr\u00f4lent 62% du march\u00e9 mondial du secteur pharmaceutique v\u00e9t\u00e9rinaire. Autrement dit, les 100 milliards de dollars que devraient envoyer les immigr\u00e9s des Etats-Unis en 2005 sont \u00e9quivalents aux revenus des dix plus grandes multinationales de semences au monde, plus que les 10 plus grandes de pesticides, plus que les 10 plus grandes de distribution alimentaire [6]. Il faut signaler qu\u2019en 2004 les ventes de Wal-Mart, la plus grande multinationale du monde, se sont \u00e9lev\u00e9es \u00e0 256 milliards de dollars, tandis que cette ann\u00e9e-l\u00e0, on calcule que les \u00e9migr\u00e9s du monde entier ont envoy\u00e9 plus de 170 milliards de dollars vers le Sud.<\/p>\n<p>Tout aussi ironiquement, ce n\u2019est pas la Banque mondiale qui apporte le plus pour combattre la pauvret\u00e9 mondiale. Ni d\u2019autres banques multilat\u00e9rales comme la BID. Encore moins l\u2019investissement \u00e9tranger direct qu\u2019on imagine, \u00e0 tort, \u00eatre cr\u00e9ateur d\u2019emplois. Ceux qui apportent le plus dans le combat contre la pauvret\u00e9 qu\u2019ont provoqu\u00e9 les politiques d\u2019ajustement structurel n\u00e9olib\u00e9rales, ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les \u00e9migr\u00e9s expuls\u00e9s par ces politiques. Le comble c\u2019est qu\u2019on les utilise pour leur extraire encore plus de revenus.<\/p>\n<p><strong>Les alternatives<\/strong>: Le TIGRA distingue plusieurs possibilit\u00e9s parmi les alternatives, mais nous consid\u00e9rons qu\u2019elles ne sortent pas du circuit des institutions financi\u00e8res internationales (IFI). Parmi ces alternatives sont mises en avant : 1) exiger des taxes plus basses sur l\u2019envoi d\u2019argent des \u00e9migr\u00e9s ; 2) augmentation de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information et de la transparence sur les services d\u2019envoi d\u2019argent ; 3) \u00e9tendre les services vers les zones rurales ; 4) effacer la dette externe des pays d\u2019origine ; en particulier les \u00ab dettes odieuses \u00bb 4) augmenter l\u2019investissement dans les communaut\u00e9s pauvres des Etats-Unis.<br \/>\nPar ailleurs, elle propose la cr\u00e9ation d\u2019une organisation transnationale coordonn\u00e9e qui r\u00e9aliserait une enqu\u00eate sur les accords entre institutions financi\u00e8res des Etats-Unis et les banques ou entreprises dans les pays d\u2019origine ; au sujet des dettes envers ces banques, et notamment sur les pr\u00eats flous \u00e0 des dictateurs militaires (et politiques) ; et sur d\u2019autres investissements et financements dans le pays d\u2019origine. La TIGRA propose de cr\u00e9er un profil des pratiques d\u2019envoi d\u2019argent dans le pays ou la r\u00e9gion d\u2019origine, et d\u2019identifier un jour d\u2019action et de mobilisation mondiale pour exprimer les revendications aupr\u00e8s des institutions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>D\u2019un autre point de vue, la meilleure alternative est de g\u00e9n\u00e9rer des mod\u00e8les de d\u00e9veloppement local capables d\u2019\u00e9viter le d\u00e9part de la population de leur lieu d\u2019origine. Dans la mesure ou le nombre d\u2019\u00e9migr\u00e9s augmente, cela signifie qu\u2019ils laissent derri\u00e8re eux leurs biens et leurs terres, des espaces qui seront occup\u00e9s par d\u2019autres acteurs, comme c\u2019est le cas des entreprises transnationales qui s\u2019emparent de ces terres et de ce qu\u2019elles contiennent.<\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong>:<\/p>\n<p>[1] La majorit\u00e9 des informations proviennent du Transnational Institute for Grassroots Research &#038; Action (TIGRA), 3781 Broadway, Oakland, CA, 94611, USA, www.transnationalaction.org.<\/p>\n<p>[2] Pour le mois de juillet 2004 les 23 plus grandes banques qui ont sign\u00e9 les Principes \u00e9quatoriaux sont : ABN Amro, Bank of America, Barclays, BBVA, CIBC, CitiGroup, Credit suisse Grp, Calyon, Dexia, Dresdner Bank, Eksport Kredit Fonden, HSBC, HVB Group, KBC, ING, Mediocredito Centrale, Mizuho Corporate Bank, Rabobank, Royal bank of Canada, Royal Bank of Scotland, Standard Chartered, unibanco, WestLB, Westpac. Voir www.equator-principles.com.<\/p>\n<p>[3] [NDLR] L\u2019Accord de libre-\u00e9change nord-am\u00e9ricain, sign\u00e9 en 1993 par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, est entr\u00e9 en vigueur le premier janvier 1994.<br \/>\nConsultez le dossier \u00ab ALENA \u00bb sur RISAL.<\/p>\n<p>[4] D\u2019apr\u00e8s la secr\u00e9taire du Conseil national de population (Conapo), Maria Elena Zuniga.<\/p>\n<p>[5] [NDLR] Des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles auront lieu au Mexique en juin 2006.<\/p>\n<p>[6] D\u2019apr\u00e8s les \u00e9tudiants du Groupe ETC.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/risal.collectifs.net\/\">RISAL<\/a> &#8211; R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p>Source : <a href=\"http:\/\/www.ecoportal.net\/\">Ecoportal.net<\/a>, d\u00e9cembre 2005.<\/p>\n<p>Traduction : Julie Reux, pour RISAL (www.risal.collectifs.net).<br \/>\nSite h\u00e9berg\u00e9 par DOMAINE PUBLIC, r\u00e9alis\u00e9 avec SPIP, sous LICENCE DE LOGICIEL LIBRE(GPL), optimis\u00e9 pour FIREFOX. Webmaistre: Fr\u00e9d\u00e9ric LEVEQUE. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trouv\u00e9 sur RISAL &#8211; R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine. Source : Ecoportal.net, d\u00e9cembre 2005. Par Gustavo Castro S. &#8211; Les ouragans, les temp\u00eates et les catastrophes naturelles qui s\u2019abattent sur le monde ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la pauvret\u00e9 non seulement dans les pays du Sud mais aussi dans ceux du Nord eux-m\u00eames. La Chine, &hellip; <a href=\"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/?p=391\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;L\u2019argent des migrants : exploitation ou pouvoir potentiel ?&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34,7],"tags":[],"class_list":["post-391","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-verifier","category-ngos-world"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=391"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14821,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391\/revisions\/14821"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=391"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=391"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}