{"id":388,"date":"2006-06-24T21:43:27","date_gmt":"2006-06-24T19:43:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.world-citizenship.org\/blog\/index.php\/wp-archive\/388"},"modified":"2025-02-26T13:06:41","modified_gmt":"2025-02-26T12:06:41","slug":"mouvements-indigenes-entre-neoliberalisme-et-gouvernements-de-gauche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/?p=388","title":{"rendered":"Mouvements indig\u00e8nes : entre n\u00e9olib\u00e9ralisme et gouvernements de gauche"},"content":{"rendered":"<p>Trouv\u00e9 sur <a href=\"http:\/\/www.risal.collectifs.net\/\">RISAL<\/a>, R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p>Source : <a href=\"http:\/\/www.ircamericas.org\/\">International Relation Centers<\/a> &#8211; IRC &#8211; Programas de las Am\u00e9ricas, 18 avril 2006.<\/p>\n<p><em>par Ra\u00fal Zibechi<\/em> &#8211; Apr\u00e8s avoir obtenu des succ\u00e8s retentissants, les mouvements indig\u00e8nes sud-am\u00e9ricains se trouvent confront\u00e9s \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis &#8211; sur les plans institutionnel et \u00e9tatique &#8211; auxquels ils n\u2019ont jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pas trouv\u00e9 de r\u00e9ponse. L\u2019approfondissement des diverses exp\u00e9riences et l\u2019\u00e9change entre organisations semblent \u00eatre quelques-unes des possibles voies \u00e0 explorer pour avancer.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00ab Nous avons gagn\u00e9 \u00e0 trois reprises et, \u00e0 chaque fois, nous avons perdu \u00bb, a affirm\u00e9 Pablo Davalos, \u00e9conomiste \u00e9quatorien, conseiller de la Conf\u00e9d\u00e9ration des nationalit\u00e9s indig\u00e8nes d\u2019Equateur (Conaie). Il ne s\u2019agit pas d\u2019une figure de style, mais plut\u00f4t de l\u2019am\u00e8re constatation des r\u00e9sultats obtenus apr\u00e8s une d\u00e9cennie marqu\u00e9e par les grands triomphes obtenus par le plus puissant mouvement indien du continent. C\u2019est ainsi que l\u2019on peut lire les trois grandes victoires enregistr\u00e9es durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie : celle de 1997, quand, en se soulevant, les indiens ont renvers\u00e9 le gouvernement corrompu d\u2019Abdala Bucaram, celle de 2000, quand une insurrection indig\u00e8ne et populaire de grande ampleur a forc\u00e9 le pr\u00e9sident Jamil Mahuad \u00e0 d\u00e9missionner et celle de 2002, lorsque la Conaie a jou\u00e9 un r\u00f4le primordial dans la victoire \u00e9lectorale de Lucio Gutierrez.<\/p>\n<p>Certaines de ces id\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9battues au cours des 2e Journ\u00e9es andino-meso-am\u00e9ricaines [1] \u00ab Mouvement indig\u00e8ne, r\u00e9sistance et projet alternatif \u00bb, qui se sont tenues du 22 au 25 mars dans les villes boliviennes de La Paz et de El Alto. Des universitaires et des dirigeants indiens argentins, boliviens, chiliens, guat\u00e9malt\u00e8ques, \u00e9quatoriens, mexicains et p\u00e9ruviens y ont particip\u00e9 et se sont pench\u00e9s sur les probl\u00e9matiques que vivent les diff\u00e9rents mouvements dans la nouvelle conjoncture r\u00e9gionale. Malgr\u00e9 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des situations, plusieurs th\u00e8mes communs ont travers\u00e9 la rencontre. En particulier, la relation entre les mouvements et les \u00c9tats depuis l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de gouvernements progressistes et de gauche. En toile de fond des d\u00e9bat : la proposition des documents de Santa Fe [2] de consid\u00e9rer les mouvements indig\u00e8nes &#8211; \u00e0 l\u2019instar de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration, par le pass\u00e9- comme un danger \u00e0 combattre et \u00e0 neutraliser, l\u2019Empire voyant en eux l\u2019un des principaux obstacles \u00e0 la gouvernabilit\u00e9 de la r\u00e9gion. Agissant conform\u00e9ment \u00e0 cette recommandation, la Banque mondiale et d\u2019autres organismes internationaux financent des programmes visant \u00e0 emp\u00eacher la consolidation de sujets collectifs indig\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>L\u2019exception p\u00e9ruvienne<\/strong>: Le cas du P\u00e9rou est l\u2019un des moins connus, mais, en m\u00eame temps, l\u2019un des meilleurs exemples qui illustrent les difficult\u00e9s que rencontrent les mouvements indig\u00e8nes dans un contexte adverse. En effet, bien qu\u2019ayant une longue tradition de r\u00e9sistance et de r\u00e9bellion, puisque le P\u00e9rou a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9picentre de la lutte des peuples autochtones contre les conquistadores (qui a culmin\u00e9 par la r\u00e9volte de Tupac Amaru \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle), le mouvement indig\u00e8ne a beaucoup de mal \u00e0 se frayer un chemin et \u00e0 se consolider. L\u2019anthropologue Rodrigo Montoya a donn\u00e9 neuf raisons qui, selon lui, expliquent \u00ab l\u2019exception p\u00e9ruvienne \u00bb.<\/p>\n<p>Il a affirm\u00e9 qu\u2019au P\u00e9rou, il existe deux organisations qui regroupent les 42 ethnies de l\u2019Amazonie, mais que ces deux organisations sont tr\u00e8s divis\u00e9es entre elles. Selon lui, c\u2019est de la Banque mondiale et de l\u2019\u00c9tat p\u00e9ruvien qu\u2019ont \u00e9merg\u00e9 ces deux organisations qui disent repr\u00e9senter les indig\u00e8nes, dans le but de \u00ab bloquer le mouvement indien \u00bb et il soutient qu\u2019il y a plusieurs groupes du mouvement \u00ab que des d\u00e9marches devant les Nations unies rassemblent, mais qui ne sont pas dans une lutte d\u2019auto-affirmation \u00bb. Pour Montoya, l\u2019objectif de la Banque mondiale est \u00ab d\u2019\u00e9viter que culture et pouvoir ne soient associ\u00e9s \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire que \u00ab la culture, c\u2019est bien quand il s\u2019agit d\u2019un folklore qu\u2019on expose aux Galeries Lafayette, mais quand elle est abord\u00e9e sous l\u2019angle du pouvoir accord\u00e9 aux groupes indig\u00e8nes, cela devient du terrorisme. \u00bb Toutefois, il existe une importante organisation paysanne indig\u00e8ne, la Coordinadora Nacional de Comunidades del Peru Afectadas por la Mineria (CONACAMI) [3], que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme une organisation indig\u00e8ne.<\/p>\n<p>Parmi les raisons qui expliquent l\u2019absence d\u2019un mouvement indien p\u00e9ruvien, la premi\u00e8re, d\u2019apr\u00e8s Montoya, est \u00ab l\u2019absence d\u2019intellectuels indig\u00e8nes \u00bb. \u00c0 son avis, Tupac Amaru a \u00e9t\u00e9 \u00ab le premier et le plus grand intellectuel indien. Il parlait espagnol, latin et quechua. Il a \u00e9labor\u00e9 un projet politique (reconstruire l\u2019empire inca avec Cusco pour capitale) et a r\u00e9ussi \u00e0 organiser pendant une d\u00e9cennie l\u2019insurrection qui allait \u00e9clater par la suite. Cependant, la r\u00e9pression qui allait s\u2019ensuivre allait an\u00e9antir les intellectuels indiens. \u00bb<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, Montoya souligne les grandes contradictions qui traversent le monde indig\u00e8ne : une g\u00e9ographie morcel\u00e9e et la tr\u00e8s grande complexit\u00e9 de l\u2019univers quechua, une langue dont il existe 18 vari\u00e9t\u00e9s dialectales, ce qui rend difficile la communication entre les habitants de la montagne. Montoya conclut qu\u2019il \u00ab n\u2019y a pas un peuple quechua, mais plusieurs, avec des contradictions socio-historiques \u00bb. Ce facteur entrave les \u00e9changes entre les divers peuples des montagnes et la cr\u00e9ation d\u2019une organisation qui les unisse.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, il n\u2019existe pas non plus de bourgeoisie indienne puissante, ou qui se consid\u00e8re comme telle du point de vue culturel, comme c\u2019est le cas en Equateur et en Bolivie. En ce sens, l\u2019existence d\u2019un Etat particuli\u00e8rement excluant et raciste comme l\u2019Etat p\u00e9ruvien peut avoir jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, au P\u00e9rou, il y a eu une puissante gauche de type occidental qui n\u2019a jamais vraiment compris &#8211; malgr\u00e9 le travail pr\u00e9curseur \u00e9crit par Jos\u00e9 Carlos Mari\u00e1tegui dans les ann\u00e9es 1930 &#8211; qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, le paysan est un indien qui lutte non seulement pour la terre, mais surtout pour le territoire.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, le gouvernement militaire du g\u00e9n\u00e9ral Juan Velasco Alvarado (1968-1975) a r\u00e9alis\u00e9 une r\u00e9forme agraire en profondeur, la r\u00e9forme la plus pouss\u00e9e du continent apr\u00e8s celle accomplie \u00e0 Cuba, mais il n\u2019a consid\u00e9r\u00e9 l\u2019indien que comme un paysan et s\u2019est empar\u00e9 des principaux symboles quechuas, qu\u2019il a \u00ab \u00e9tatis\u00e9s \u00bb. Par exemple, le visage de Tupac Amaru a remplac\u00e9 les \u00ab h\u00e9ros \u00bb cr\u00e9oles sur les billets de banque p\u00e9ruviens.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, la r\u00e9alit\u00e9 p\u00e9ruvienne pr\u00e9sente une v\u00e9ritable \u00ab anomalie \u00bb, comme l\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019existence [de la gu\u00e9rilla] du Sentier lumineux. Dans ce pays, il y a eu deux g\u00e9nocides : celui perp\u00e9tr\u00e9 par les forces arm\u00e9es, \u00e0 l\u2019instar de ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans d\u2019autres pays du continent, et celui dont s\u2019est rendu coupable le Sentier lumineux au cours d\u2019une \u00ab guerre sale \u00bb qui a fait 70 000 victimes [4]. Montoya conclut en disant que \u00ab tandis qu\u2019en Equateur, la Conaie voyait le jour et que le monde indig\u00e8ne s\u2019organisait depuis sa base, au P\u00e9rou, la situation qui pr\u00e9valait \u00e9tait que, quand le Sentier \u00e9gorgeait dix personnes, l\u2019arm\u00e9e en \u00e9gorgeait vingt. Les trois quarts des 70 000 victimes \u00e9taient des indiens. Le Sentier a bloqu\u00e9 les possibilit\u00e9s de ce qui \u00e9tait indien et a coup\u00e9 les ailes \u00e0 la gauche. En vingt ans de violence (1980-2000), toutes les avanc\u00e9es des ann\u00e9es ant\u00e9rieures ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites \u00e0 n\u00e9ant. \u00bb<\/p>\n<p>Septi\u00e8mement, sous le gouvernement d\u2019Alejandro Toledo (qui se proclame indien en disant : \u00ab Je suis Manco Capac \u00bb), l\u2019Etat fait tout ce qu\u2019il peut pour emp\u00eacher l\u2019\u00e9mergence de mouvements indiens. L\u2019\u00e9pouse de Toledo, l\u2019anthropologue belge Eliane Karp, a cr\u00e9\u00e9 la CONAPA (Coordinadora Nacional de Pueblos Andinos, Amazonicos y Afroperuanos), un organisme dot\u00e9 d\u2019un budget de 5,5 millions de dollars. La cr\u00e9ation de cet organisme a \u00e9t\u00e9 une premi\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent, car non seulement il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le haut, mais par une personne qui s\u2019est substitu\u00e9e aux peuples concern\u00e9s en se posant comme pr\u00e9sidente de l\u2019institution, qu\u2019elle a dirig\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re autoritaire en manipulant les peuples indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>Enfin, Montoya avance deux raisons suppl\u00e9mentaires : \u00ab l\u2019absence de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration dans le monde de ceux d\u2019en bas \u00bb, \u00e0 la diff\u00e9rence de ce qui s\u2019est produit en Equateur et au Chiapas, o\u00f9 un engagement concret a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 avec les pauvres et a facilit\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de sujets indig\u00e8nes, et \u00ab l\u2019absence d\u2019intellectuels engag\u00e9s \u00bb. Il en donne pour preuve le fait que, sur les 600 anthropologues que compte le P\u00e9rou, huit seulement s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la lutte des peuples. Montoya conclut en disant qu\u2019 \u00ab il existe une tradition anthropologique apolitique selon laquelle les indiens sont merveilleux, mais l\u2019anthropologie \u00e9tant une science, elle ne doit pas se m\u00ealer de politique \u00bb.<\/p>\n<p>Dans ce panorama franchement affligeant, une organisation r\u00e9ussit \u00e0 se d\u00e9marquer : la CONACAMI (Confederaci\u00f3n Nacional de Comunidades del Per\u00fa Afectadas por la Miner\u00eda), la seule organisation \u00e0 caract\u00e8re indien qui soit autonome et ind\u00e9pendante de l\u2019Etat. Parmi les 5 660 communaut\u00e9s reconnues au P\u00e9rou, 3 200 ont port\u00e9 plainte contres les transnationales mini\u00e8res ; le territoire de 1 100 d\u2019entre elles est en cours de prospection et celui de 250 autres, en cours d\u2019exploitation. Depuis 1992, le nombre d\u2019hectares conc\u00e9d\u00e9s aux soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res est pass\u00e9 de 4 \u00e0 25 millions. Ce qui fait la force de la CONACAMI, ce sont ces milliers de communaut\u00e9s qui luttent pour conserver leurs terres et se battent pour emp\u00eacher que leurs rivi\u00e8res et leurs terres ne soient pollu\u00e9es. L\u2019exploitation mini\u00e8re est devenue la principale activit\u00e9 exportatrice du P\u00e9rou, mais, comme le dit la CONACAMI, \u00ab elle ne contribue pas au d\u00e9veloppement du pays, ni \u00e0 l\u2019\u00e9largissement de sa sph\u00e8re d\u2019influence \u00bb. Le plus grave, c\u2019est qu\u2019en 2004, deux dirigeants ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s et que 600 personnes appartenant aux communaut\u00e9s indig\u00e8nes ont fait l\u2019objet de poursuites judiciaires dans le cadre d\u2019un processus qui vise \u00e0 criminaliser l\u2019opposition aux soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res en l\u2019assimilant \u00e0 du terrorisme.<\/p>\n<p><strong>Equateur : le dilemme \u00e9lectoral<\/strong>: En Equateur, le dernier soul\u00e8vement indig\u00e8ne (qui a commenc\u00e9 en mars 2006 [5] et dont on ne voit pas encore l\u2019issue) contre la pr\u00e9tention du gouvernement provisoire d\u2019Alfredo Palacio de signer, avec les Etats-Unis, un trait\u00e9 de libre-\u00e9change est la premi\u00e8re grande mobilisation indienne apr\u00e8s une longue et p\u00e9nible crise. Ce nouveau mouvement a mis longtemps \u00e0 voir le jour et a d\u00fb affronter de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s internes, car la Conaie a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s affaiblie par sa participation au gouvernement de Lucio Gutierrez (de janvier \u00e0 juillet 2003) [6], mais surtout par la double offensive qui a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e contre la principale organisation indig\u00e8ne du continent.<\/p>\n<p>En effet, depuis que, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la suite du premier grand soul\u00e8vement impuls\u00e9 par la Conaie, il est apparu clairement que le mouvement indien \u00e9tait devenu la cl\u00e9 de vo\u00fbte de la gouvernabilit\u00e9 en Equateur, un ensemble de projets, notamment sous la pr\u00e9sidence de Gutierrez, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s dans le but de l\u2019an\u00e9antir. Le plus important a \u00e9t\u00e9 la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement \u00e0 travers le PRODEPINE (Proyecto de Desarollo para Pueblos Indigenas y Negros de Ecuador, Projet de d\u00e9veloppement pour les peuples indig\u00e8nes et noirs d\u2019Equateur). Durant les 2e Journ\u00e9es andino-meso-am\u00e9ricaines [7] \u00ab Mouvement indig\u00e8ne, r\u00e9sistance et projet alternatif \u00bb, l\u2019\u00e9conomiste Pablo Davalos, conseiller de la Conaie, a analys\u00e9 le r\u00f4le destructeur de ces projets : \u00ab La coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement a commenc\u00e9 parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9mergence des indiens dans les ann\u00e9es 1990. Les ONG de d\u00e9veloppement se sont install\u00e9es dans la province de Chimborazo, le c\u0153ur du mouvement indig\u00e8ne, o\u00f9 avait travaill\u00e9 Leonidas Proa\u00f1o, le promoteur de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration en Equateur. Une d\u00e9cennie plus tard, cette province n\u2019existe plus sur le plan politique. En 1990, la province de Chimborazo constituait le noyau de la r\u00e9sistance indienne ; elle a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019une intervention politique de la coop\u00e9ration qui a transform\u00e9 les indiens en pauvres \u00e9conomiques. En effet, la coop\u00e9ration fait dispara\u00eetre les solidarit\u00e9s et cr\u00e9e des rivalit\u00e9s au sein des communaut\u00e9s dans la mesure o\u00f9 elle entra\u00eene la mise sur pied d\u2019organisations de second rang qui commencent \u00e0 concourir pour les ressources de la coop\u00e9ration. \u00bb<\/p>\n<p>De l\u2019avis de Davalos, mais aussi selon d\u2019autres sp\u00e9cialistes et bon nombre de dirigeants indig\u00e8nes, la coop\u00e9ration favorise \u00ab l\u2019\u00e9mergence d\u2019une technobureaucratie des droits humains et de l\u2019ethnod\u00e9veloppement avalis\u00e9e par la Banque mondiale qui, avec l\u2019appui d\u2019anthropologues et de sociologues, a con\u00e7u entre 1997 et 1998 le projet PRODEPINE auquel elle a allou\u00e9 un budget de 50 millions de dollars. \u00bb D\u2019apr\u00e8s Davalos, la Bolivie a \u00e9t\u00e9 le laboratoire de la coop\u00e9ration, puis \u00ab de l\u00e0, le concept a \u00e9t\u00e9 export\u00e9 en Equateur et au Mexique avec le PRONASOL (Programa Nacional de Solidaridad). \u00bb M\u00eame quand des personnes ayant les meilleures intentions du monde travaillent dans la coop\u00e9ration, il reste que \u00ab l\u2019objectif est de cr\u00e9er une \u00e9lite qui serve d\u2019interlocutrice pour la Banque mondiale et ses projets. Au bout d\u2019un certain temps, les dirigeants des communaut\u00e9s se mettent \u00e0 faire du marketing et ils se laissent obnubiler par l\u2019argent. \u00bb Les principaux projets concernent l\u2019\u00e9ducation et la formation de leaders, le financement d\u2019activit\u00e9s communautaires productives et le microfinancement. Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la mise sur pied du projet PRODEPINE, la plus grande partie du mouvement indig\u00e8ne \u00e9tait tomb\u00e9 sous la coupe des ONG et des fonctionnaires de l\u2019\u00c9tat. La d\u00e9pendance avait atteint un degr\u00e9 tel que, quand la Conaie appelait \u00e0 la mobilisation, \u00ab ceux de PRODEPINE disaient aux communaut\u00e9s de ne pas participer, car sinon elles ne pourraient pas recevoir de cr\u00e9dit. C\u2019est comme cela qu\u2019ils ont mis en pi\u00e8ces les communaut\u00e9s. \u00bb Apr\u00e8s la chute de Gutierrez (en avril 2005), le mouvement a fait pression pour que le projet PRODEPINE ne soit pas renouvel\u00e9 et il est rest\u00e9 depuis au point mort.<\/p>\n<p>Cette offensive de longue haleine lanc\u00e9e contre le mouvement indig\u00e8ne a connu son apog\u00e9e sous le gouvernement de Lucio Gutierrez. Paradoxalement, il vaut la peine de mentionner que cet ex-colonel a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident \u00e0 la fin de 2002 gr\u00e2ce au soutien de la Conaie et de la majeure partie du mouvement indien. Pourtant, c\u2019est sous sa pr\u00e9sidence que de graves \u00e9v\u00e9nements se sont produits : le gouvernement a coopt\u00e9 une partie des dirigeants de la Conaie, notamment ceux de l\u2019Amazonie. L\u2019objectif de Gutierrez \u00e9tait la destruction et la disparition de la Conaie. Sous son mandat un attentat a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 contre son pr\u00e9sident, au cours duquel le fils de celui-ci a \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9.<\/p>\n<p>Lors de son congr\u00e8s tenu en d\u00e9cembre 2004 au cours duquel a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu \u00e0 la t\u00eate de l\u2019organisation l\u2019ancien dirigeant et ex-pr\u00e9sident de la Conaie, Luis Macas, elle a entam\u00e9 sa reconstruction, tant sur le plan organisationnel que sur celui de la formulation d\u2019un projet \u00e0 long terme [8]. La n\u00e9cessit\u00e9 de faire le bilan de ce qui avait \u00e9t\u00e9 accompli s\u2019est impos\u00e9e, notamment en ce qui concerne la participation au gouvernement et aux institutions de l\u2019Etat, pour laquelle la Conaie avait cr\u00e9\u00e9 le Mouvement Pachakutik au milieu des ann\u00e9es 1990 [9]. Selon Davalos, le projet indien de cr\u00e9ation d\u2019un Etat plurinational s\u2019est heurt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance d\u2019institutions h\u00e9rit\u00e9es de la Colonie, qui sont, par cons\u00e9quent, excluantes. \u00ab Comment rendre le syst\u00e8me politique plurinational ? \u00bb, se demande l\u2019\u00e9conomiste. \u00ab Le syst\u00e8me politique repose sur la repr\u00e9sentation et l\u2019universalit\u00e9, en ce sens que tout le monde est citoyen. Mais pas les indiens. Dans le monde indig\u00e8ne, le discours lib\u00e9ral homog\u00e9n\u00e9ise alors que la pratique et la pens\u00e9e indig\u00e8nes sont bas\u00e9es sur la diff\u00e9rence. \u00bb<\/p>\n<p>Un fois ce constat \u00e9tabli, les questions et les doutes s\u2019accumulent : \u00ab Nous pouvons nous pr\u00e9senter aux \u00e9lections et il est fort probable que Luis Macas devienne pr\u00e9sident. Dans ce cas, il se passera la m\u00eame chose qu\u2019en Bolivie : les cadres de l\u2019organisation deviendront les cadres de l\u2019Etat, puis ils se mettront \u00e0 l\u00e9gitimer l\u2019Etat lib\u00e9ral plut\u00f4t que l\u2019organisation et \u00e0 parler en fonction de l\u2019Etat. Ensuite, ils adopteront d\u2019autres dynamiques et d\u2019autres comportements, et alors que ferons-nous ? \u00bb Pour le mouvement indig\u00e8ne \u00e9quatorien, il n\u2019y a pas de solution simple \u00e0 cette situation. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la mobilisation sociale a permis de remporter trois grandes victoires qui se sont transform\u00e9es en autant de grandes d\u00e9faites. A chaque fois, les forces \u00e9conomiques nationales, avec l\u2019appui des organismes financiers internationaux, ont frustr\u00e9 les espoirs de changer le pays au moyen d\u2019une assembl\u00e9e constituante (en 1998), en imposant la dollarisation (en 2000) et en for\u00e7ant le pays \u00e0 poursuivre la voie du n\u00e9olib\u00e9ralisme en \u00ab mettant dans leur poche \u00bb le pr\u00e9sident \u00e9lu (en 2003).<\/p>\n<p>Au sein de la Conaie, le d\u00e9bat actuel tourne autour de la possibilit\u00e9 de faire une \u00ab autre politique \u00bb. S\u2019inspirant de \u00ab l\u2019Autre campagne \u00bb impuls\u00e9e au Mexique par les zapatistes [10], le mouvement indig\u00e8ne s\u2019appr\u00eate \u00e0 d\u00e9battre de l\u2019attitude qu\u2019il adoptera lors des prochaines \u00e9lections du mois d\u2019octobre [11]. L\u2019objectif sera probablement de politiser la campagne \u00e9lectorale, qui d\u2019habitude ressemble \u00e0 un spectacle m\u00e9diatique, de mani\u00e8re \u00e0 mettre \u00e0 l\u2019ordre du jour les principales questions qui pr\u00e9occupent les communaut\u00e9s : le trait\u00e9 de libre-\u00e9change et les cons\u00e9quences que celui-ci aura sur l\u2019eau et l\u2019agriculture ainsi que le probl\u00e8me des ressources naturelles, notamment des hydrocarbures dont l\u2019Equateur est un grand exportateur.<\/p>\n<p><strong>La difficile situation bolivienne<\/strong>: Apr\u00e8s l\u2019imposant cycle de protestations entam\u00e9, en 2000, par la \u00ab guerre de l\u2019eau \u00bb \u00e0 Cochabamba [12], puis qui s\u2019est poursuivi, en 2003 et 2005, par la \u00ab guerre du gaz \u00bb dans tout le pays [13], les mouvements boliviens ont, pour la premi\u00e8re fois, r\u00e9ussi \u00e0 faire \u00e9lire un pr\u00e9sident indig\u00e8ne : Evo Morales [14]. Le mouvement a mis deux th\u00e8mes en t\u00eate de ses priorit\u00e9s : la nationalisation des ressources naturelles, en particulier du gaz, et la convocation d\u2019une assembl\u00e9e constituante qui initie la \u00ab d\u00e9colonisation de l\u2019Etat \u00bb.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019Etat en Bolivie est un Etat de type colonial : alors que 70 % de la population est indig\u00e8ne (les ethnies quechua, aymara et guarani sont les plus nombreuses), l\u2019Etat est aux mains d\u2019une petite minorit\u00e9 blanche et m\u00e9tisse. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un bon nombre de d\u00e9put\u00e9s indiens (ils ont aujourd\u2019hui la majorit\u00e9 absolue) ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus, mais il reste que les postes les plus importants de l\u2019appareil judiciaire et \u00e9tatique continuent d\u2019\u00eatre occup\u00e9s par des blancs et les postes de fonctionnaires, r\u00e9serv\u00e9s presque exclusivement aux blancs et aux m\u00e9tis. Par cons\u00e9quent, la grande majorit\u00e9 de la population voit l\u2019\u00c9tat comme quelque chose d\u2019\u00e9tranger et d\u2019hostile. Une assembl\u00e9e constituante donnera l\u2019occasion de d\u00e9mocratiser les institutions coloniales boliviennes, en ce sens que toutes les ethnies, toutes les langues et toutes les traditions seront mises sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, deux mois \u00e0 peine apr\u00e8s qu\u2019un des leurs est arriv\u00e9 au pouvoir, les Indiens voient leurs deux principales aspirations sur le point d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7ues. Au cours des 2e Journ\u00e9es andino-meso-am\u00e9ricaines, Felipe Quispe, principal dirigeant de la centrale paysanne CSUTCB, a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab aujourd\u2019hui, je ne peux me r\u00e9jouir qu\u2019un indien soit \u00e0 la t\u00eate du gouvernement, car ce qu\u2019il faut, c\u2019est changer le syst\u00e8me. \u00bb Il a ajout\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait persuad\u00e9 que le gouvernement d\u2019Evo Morales ne satisferait pas aux trois revendications les plus importantes : \u00ab il ne nationalisera pas le gaz ni le p\u00e9trole [15], il n\u2019abrogera pas les lois n\u00e9olib\u00e9rales qui ont facilit\u00e9 les privatisations et la r\u00e9forme de l\u2019\u00e9ducation, et il ne nous rendra pas les territoires. \u00bb<\/p>\n<p>Quispe est un dirigeant radical qui s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 aux \u00e9lections sous la banni\u00e8re du MIP (Movimiento Indigena Pachakutik) et a obtenu \u00e0 peine 2 % des voix. Toutefois, il n\u2019est pas le seul \u00e0 se montrer sceptique. Mais, c\u2019est peut-\u00eatre la mani\u00e8re dont le nouveau gouvernement a convoqu\u00e9 l\u2019assembl\u00e9e constituante qui a suscit\u00e9 la plus intense pol\u00e9mique. La loi qui institue cette assembl\u00e9e a \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9e avec les partis de droite [16]. Elle a soulev\u00e9 beaucoup de critiques et rencontr\u00e9 l\u2019opposition du CONAMAQ (Consejo Nacional de Ayllus y Markas del Qullasuyu) et de la COB (Central Obrera Boliviana). Dans son discours d\u2019investiture du 22 janvier, Evo Morales a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Nous voulons une assembl\u00e9e constituante qui entreprenne des r\u00e9formes en profondeur et pas simplement une r\u00e9forme constitutionnelle. \u00bb Pour un certain nombre d\u2019analystes, le type d\u2019assembl\u00e9e choisi laisse croire que, au mieux, seuls 20% de l\u2019actuelle constitution sera modifi\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9lection de l\u2019assembl\u00e9e qui sera institu\u00e9e le 6 ao\u00fbt respectera le principe selon lequel trois constituants seront \u00e9lus par chacune des 70 circonscriptions que compte le pays : deux par la majorit\u00e9 et un par la minorit\u00e9, et ce, m\u00eame si cette derni\u00e8re obtient moins de 10 % des voix, par exemple. De plus, chacun des neuf d\u00e9partements du pays \u00e9lira cinq constituants : deux pour la majorit\u00e9 et un pour chacune des forces qui se sera class\u00e9e derri\u00e8re la majorit\u00e9 et aura obtenu plus de 5 % des voix. Par cons\u00e9quent, m\u00eame dans le cas improbable d\u2019une victoire du Mouvement vers le socialisme (MAS) dans toutes les circonscriptions, le parti d\u2019Evo Morales n\u2019obtiendra pas la majorit\u00e9 des deux tiers exig\u00e9e par la loi pour changer la constitution actuelle. En d\u2019autres termes, m\u00eame s\u2019il obtient la majorit\u00e9 absolue en nombre de voix, le MAS se verra oblig\u00e9 de pactiser avec l\u2019opposition. Un article paru dans le journal El Juguete Rabioso affirme que le gouvernement \u00ab a bloqu\u00e9 toute possibilit\u00e9 de changement \u00bb et qu\u2019il est fort probable que \u00ab l\u2019Assembl\u00e9e sera au service des puissants et [que] les paysans joueront le r\u00f4le de figurants. \u00bb Il existe d\u2019ailleurs une donn\u00e9e qui a son importance : les m\u00e9canismes de l\u2019assembl\u00e9e ont impos\u00e9 que les mouvements ne puissent pas se pr\u00e9senter comme tels, mais qu\u2019ils doivent inscrirent leurs candidats sur les listes des partis.<\/p>\n<p>Les critiques sont tr\u00e8s dures, m\u00eame dans des secteurs proches du gouvernement. D\u2019apr\u00e8s Raul Prada, conseiller du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00ab l\u2019assembl\u00e9e convoqu\u00e9e n\u2019est pas constituante, car elle ne changera pas l\u2019Etat \u00bb et sa structure \u00ab limite ses fonctions \u00e0 la r\u00e9daction de r\u00e9formes \u00bb, alors que le v\u00e9ritable objectif d\u2019une assembl\u00e9e constituante, c\u2019est de \u00ab fonder un nouvel Etat \u00bb, de \u00ab changer la carte institutionnelle, c\u2019est-\u00e0-dire [de] modifier les pouvoirs en place \u00bb. Pol\u00e9miquant avec l\u2019actuel vice-pr\u00e9sident, Alvaro Gracia Linera, Prada critique ce qu\u2019il consid\u00e8re comme \u00ab une ti\u00e9deur extr\u00eame du gouvernement, emp\u00eatr\u00e9 dans ses propres ind\u00e9cisions, perdu dans son propre labyrinthe, face \u00e0 une conjoncture post-\u00e9lectorale o\u00f9 r\u00e9apparaissent les groupes d\u00e9tenant le pouvoir \u00e9conomique qui sont bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 reprendre le terrain perdu, m\u00eame au m\u00e9pris de la d\u00e9mocratie participative et des espoirs que le peuple a plac\u00e9s dans le changement. \u00bb<\/p>\n<p>Cela nous ram\u00e8ne donc \u00e0 la question initiale soulev\u00e9e par Davalos : comment les puissants sont-ils capables de transformer leurs d\u00e9faites en victoires ? Il est inutile de rendre les puissants, ceux qui dirigent chaque pays ou ceux qui dirigent le monde, responsables. Dans le fond, il est normal qu\u2019ils d\u00e9fendent leurs int\u00e9r\u00eats. Peut-\u00eatre, comme le souligne le conseiller de la Conaie, les forces sociales ont-elles cru que le changement consistait \u00e0 gagner les \u00e9lections et n\u2019ont-elles pas accord\u00e9 suffisamment d\u2019importance \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab d\u00e9coloniser la d\u00e9mocratie \u00bb, qui, dans la plupart des pays sud-am\u00e9ricains, a \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9e par \u00ab les march\u00e9s \u00bb. A la place, une autre id\u00e9e fait son chemin : celle qu\u2019il faut travailler diff\u00e9remment, c\u2019est-\u00e0-dire depuis le bas et en tissant des liens suffisamment solides pour r\u00e9sister au marchandage politique et \u00e9lectoral.<\/p>\n<p><strong>Sources<\/strong> :<\/p>\n<p>\u2014 Berger, Pablo \u201cConacami : una organizaci\u00f3n nacional enfrentando a las multinacionales mineras\u201d, sur Minkandina, www.choike.org<\/p>\n<p>\u2014 Bolpress, www.bolpress.com<\/p>\n<p>\u2014 Conaie : www.conaie.org<\/p>\n<p>\u2014 El Juguete Rabioso, La Paz, N\u00b0149, 19 mars 2006, www.eljugueterabioso.org<\/p>\n<p>\u2014 Esc\u00e1rzaga, Fabiola y Guti\u00e9rrez, Raquel (coordination). Movimiento ind\u00edgena en Am\u00e9rica Latina : resistencia y proyecto alternativo, Universidad Aut\u00f3noma de Puebla, M\u00e9xico, 2005.<\/p>\n<p>\u2014 Montoya Rojas, Rodrigo De la utop\u00eda andina al socialismo m\u00e1gico, Instituto Nacional de Cultura, Cusco, 2005.<\/p>\n<p>\u2014 Willanakuy, revista de Conacami, N\u00b021, janvier 2004.<\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong>:<\/p>\n<p>[1] [NDLR] Nous entendons par M\u00e9so-am\u00e9rique la r\u00e9gion qui comprend les pays suivants : Panama, Costa Rica, Nicaragua, El Salvador, Honduras, Guat\u00e9mala, Belize et Sud-Est du Mexique.<\/p>\n<p>[2] [NDLR] Le comit\u00e9 de Santa Fe est compos\u00e9 de militaires, agents de la CIA, chefs d\u2019entreprises, diplomates et universitaires ultraconservateurs \u00e9tats-uniens. Fond\u00e9 par Ronald Reagan, il a \u00e9t\u00e9 actif sous son mandat et sous celui de Bush p\u00e8re. Il a publi\u00e9 trois documents, dans lesquels \u00e9tait \u00e9tablie la strat\u00e9gie de la \u00ab S\u00e9curit\u00e9 nationale \u00bb par rapport \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique latine, qui comprenait l\u2019appui \u00e0 des dictatures militaires, la lutte contre insurrectionnelle, la formation de groupes paramilitaires (dont la \u00ab contra \u00bb nicaraguayenne), \u00e9limination des communaut\u00e9s qui soutenaient la gu\u00e9rilla, lutte active contre la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration, avec \u00e9limination, dans une guerre sale financ\u00e9e et couverte par la CIA, de pr\u00eatres, th\u00e9ologiens et plusieurs \u00e9v\u00eaques. Tout est consign\u00e9 dans les documents de Santa Fe. Bill Clinton avait suspendu le Comit\u00e9, mais Georges W. Bush l\u2019a ressuscit\u00e9. Le dernier document en date, le document de Santa Fe IV, \u00e9labor\u00e9 en janvier 2001, souligne le danger repr\u00e9sent\u00e9 par le pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Hugo Ch\u00e1vez &#8211; trait\u00e9 de castriste et ami des FARC, et dont l\u2019action en faveur de l\u2019unit\u00e9 r\u00e9gionale met des freins aux plans n\u00e9ocoloniaux. Le document s\u2019en prend \u00e9galement au mouvement indig\u00e8ne en Equateur, aux activistes dans la d\u00e9fense de l\u2019eau \u00e0 Cochabamba, aux sans terre du Br\u00e9sil, aux insurg\u00e9s colombiens et r\u00e9clame le durcissement de la politique contre Fidel Castro et le socialisme cubain.<\/p>\n<p>[3] [NDLR] Lire Myriam Laforce, \u00ab Int\u00e9r\u00eats miniers \u00e9trangers et mobilisations communautaires au P\u00e9rou : une nouvelle poudri\u00e8re ?, RISAL, 2 mars 2005.<\/p>\n<p>[4] [NDLR] Cristiano Morsolin, P\u00e9rou : sortie du rapport de la Commission de la v\u00e9rit\u00e9 et de la r\u00e9conciliation, RISAL, 19 septembre 2003.<\/p>\n<p>[5] [NDLR] Lire Angel Guerra Cabrera, Le mouvement indig\u00e8ne \u00e9quatorien rel\u00e8ve la t\u00eate, RISAL, 17 mars 2006.<\/p>\n<p>[6] [NDLR] Consultez le dossier \u00ab La trahison de Lucio Gutierrez \u00bb sur RISAL.<\/p>\n<p>[7] [ NDLR] Nous entendons par M\u00e9so-am\u00e9rique la r\u00e9gion qui comprend les pays suivants : Panama, Costa Rica, Nicaragua, El Salvador, Honduras, Guat\u00e9mala, Belize et Sud-Est du Mexique.<\/p>\n<p>[8] [NDLR] Ra\u00fal Zibechi, Equateur : vers une renaissance du mouvement indig\u00e8ne ?, RISAL, 18 janvier 2005.<\/p>\n<p>[9] [NDLR] Fr\u00e9d\u00e9ric L\u00e9v\u00eaque, Vers la construction d\u2019un pouvoir alternatif en Equateur, RISAL, avril 2002.<\/p>\n<p>[10] [NDLR] Consultez le dossier \u00ab Le tournant zapatiste \u00bb, sur RISAL.<\/p>\n<p>[11] [NDLR] Depuis la r\u00e9daction de cet article, il semblerait que le dirigeant de la Conaie Luis Macas, soit le candidat du mouvement indig\u00e8ne aux prochaines \u00e9lections pr\u00e9sidentielles d\u2019octobre 2006.<\/p>\n<p>[12] [NDLR] Fin 1999, sans consulter ni informer la population, le gouvernement de la Bolivie conc\u00e9dait la gestion de l\u2019eau de la vall\u00e9e de Cochabamba \u00e0 un consortium priv\u00e9 pour une dur\u00e9e de 40 ans : le consortium Aguas del Tunari, dont l\u2019un des actionnaires principaux est la multinationale am\u00e9ricaine Bechtel.<br \/>\nCe que l\u2019on appellera par la suite la \u00ab\u00a0guerre de l\u2019eau\u00a0\u00bb \u00e9tait d\u00e9clench\u00e9e, quelques mois plus tard, par les populations locales, par suite de l\u2019augmentation sans pr\u00e9c\u00e9dent des tarifs des services d\u2019eau et par suite de la d\u00e9possession des principales sources d\u2019approvisionnement d\u00e9sormais devenues propri\u00e9t\u00e9 de la compagnie. Devant l\u2019ampleur de la r\u00e9volte et la dur\u00e9e de la mobilisation, le gouvernement bolivien a d\u00fb se r\u00e9soudre \u00e0 annuler le contrat de concession sign\u00e9 avec la compagnie am\u00e9ricaine Bechtel, actionnaire majoritaire du consortium Aguas del Tunari.<\/p>\n<p>[13] [NDLR] Consultez le dossier \u00ab La lutte pour les ressources naturelles \u00bb sur RISAL.<\/p>\n<p>[14] [NDLR] Consultez le dossier \u00ab Elections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives 2005 \u00bb sur RISAL.<\/p>\n<p>[15] [NDLR] Cette affirmation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mentie par les faits, le 1er mai dernier m\u00eame s\u2019il y a tout lieu de d\u00e9battre des modalit\u00e9s de la nationalisation.<\/p>\n<p>[16] [NDLR] Si le parti d\u2019Evo Morales poss\u00e8de en effet la majorit\u00e9 absolue dans l\u2019enceinte de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, avec 72 des 130 parlementaires, il demeure minoritaire au S\u00e9nat avec 12 mandats. Il doit donc n\u00e9gocier pour faire approuver ses projets de lois, notamment au sein des sessions de Congr\u00e8s (regroupant d\u00e9put\u00e9s et s\u00e9nateurs) o\u00f9 l\u2019approbation de certaines lois dites \u00ab sp\u00e9ciales \u00bb, comme la Loi de convocation de l\u2019Assembl\u00e9e constituante, requiert deux tiers des voix (soit 105 mandats, sur un total de 157, alors que le MAS n\u2019en dispose que de 84).<\/p>\n<p>Voir: <a href=\"http:\/\/risal.collectifs.net\/\">RISAL<\/a> &#8211; R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine<\/p>\n<p>Traduction : Arnaud Br\u00e9art, pour le RISAL.<br \/>\nSite h\u00e9berg\u00e9 par DOMAINE PUBLIC, r\u00e9alis\u00e9 avec SPIP, sous LICENCE DE LOGICIEL LIBRE(GPL), optimis\u00e9 pour FIREFOX. Webmaistre: Fr\u00e9d\u00e9ric LEVEQUE.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trouv\u00e9 sur RISAL, R\u00e9seau d&rsquo;information et de solidarit\u00e9 avec l&rsquo;Am\u00e9rique latine. Source : International Relation Centers &#8211; IRC &#8211; Programas de las Am\u00e9ricas, 18 avril 2006. par Ra\u00fal Zibechi &#8211; Apr\u00e8s avoir obtenu des succ\u00e8s retentissants, les mouvements indig\u00e8nes sud-am\u00e9ricains se trouvent confront\u00e9s \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis &#8211; sur les plans institutionnel et \u00e9tatique &#8211; &hellip; <a href=\"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/?p=388\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Mouvements indig\u00e8nes : entre n\u00e9olib\u00e9ralisme et gouvernements de gauche&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34,7],"tags":[],"class_list":["post-388","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-verifier","category-ngos-world"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/388","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=388"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/388\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14803,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/388\/revisions\/14803"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=388"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=388"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ngo.heidi-barathieu-brun.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=388"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}